Éditorial – Horizon Pluriel n°41

Horizon pluriel n°41 /

Du câble sous-marin à la photo intime, du calcul algorithmique d’une entreprise multimilliardaire américaine au double-clic d’une personne âgée qui tente de prendre rendez-vous avec son ORL : le numérique désigne un ensemble de phénomènes diversifiés qui reflètent son caractère omniprésent et hétérogène. Qu’il ait transformé nos habitudes de vies, nos interactions, nos paysages, notre rapport au savoir et au monde, notre économie, et qu’en cela, il influe sur notre santé, est devenu un poncif, inutile de le rappeler.

Et pourtant, si chacun s’accorde à dire que les conséquences du numérique sur notre santé sont loin d’être virtuelles, ses effets tangibles semblent difficiles à décrire tant ils sont, eux aussi, divers. Chacun des articles de ce numéro commence par nommer une ambivalence : le numérique éloigne et rapproche, il enferme et libère, il est source de savoir et d’inculture, favorisant et détruisant ici, nos relations, là, nos démocraties. Il augmente les inégalités sociales de santé, mais permet aussi de les réduire. Il aliène tout en offrant du pouvoir d’agir. Bref, quand on aborde le numérique, on n’est pas à un paradoxe près. Dans cette pluralité, la moindre injonction se heurte à son contraire. « Éloignez les jeunes de leurs téléphones » mais « Aidez-les à s’informer  correctement »1 « Il faut réduire la fracture numérique ? Tu verras, mamie, cette appli hyper addictive te permettra de garder le lien avec tes petits-enfants qui ne sont pas censés se servir d’un téléphone ».2 Comment faire pour se sentir bien dans un monde aussi contradictoire, pour ne pas dire binaire ?

Impossible de répondre à cette question sans une approche ancrée dans la connaissance des contextes d’usage, sans une démarche pluridisciplinaire et non-normative. Et c’est  précisément pour cela que la promotion de la santé a un rôle crucial à jouer ! Lequel ? La lecture de ce numéro vous en apportera quelques illustrations précises.
Vous lirez en effet dans ses pages des témoignages sur la création de programmes d’accompagnement de publics ciblés, les récits de conception de ressources ou d’outils, ou encore des réflexions autour de politiques à mettre en œuvre, servant de base à un possible plaidoyer. Toutes ces initiatives s’inscrivent dans un même objectif : faire en sorte que ce soit bien nous, humains, et non le code, qui soyons aux manettes de nos choix de santé en matière de numérique.

Bonne lecture ! 

 

Tamara Glas, Chargée de projets Pédagogie et numérique, Promotion Santé Bretagne

1 Pour plus de détails, voir l’article de Agnès Grimault-Leprince dans ce numéro.
2 Pour plus de détails, voir l’article de Laetitia Vassieux, Anne Sizaret et Laure Cousin dans ce numéro.

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